Ce matin, après quatre ans de procédure administrative, se tenait l’audience de notre recours contre le projet d’extension de l’aéroport de Lille !
A nouveau, nous avons rappelé la nécessité, pour le climat, la santé et la protection de la ressource en eau, de stopper ce projet ! Un immense merci à toutes celles et ceux qui ont fait le déplacement, ou qui nous ont soutenu·es à distance !
Dès le début de l’audience, la présidente du tribunal donne le ton : « Vous n’allez pas transformer ce procès en procès politique. L’opportunité de l’agrandissement de l’aéroport n’est pas la question aujourd’hui. » Pour nous, c’est pourtant une question essentielle, alors que les impacts délétères de ce projet ne sont plus à prouver, et que sa nécessité économique est elle tout à fait contestable.

Notre affaire était jugée en même temps que le recours de l’aéroport. Rappelez-vous, en 2022 l’aéroport avait attaqué en justice les maires de Fretin et Lesquin pour les forcer à décerner le permis de construire l’extension. Au cours de ces deux audiences, le rapporteur public, qui représente l’État, a considéré sans surprise que l’extension devait se faire coûte que coûte, et que les raisons de s’y opposer des associations et élu·es dans ces deux affaires n’étaient pas recevables, montrant une ignorance des enjeux assez alarmante :
- Le bruit ? 4 ou 5 avions la nuit ce n’est pas grave, ça n’empêche personne de dormir !
- L’imperméabilisation des sols ? Il s’agit seulement de 8 hectares artificialisés !
- La biodiversité ? Les espèces d’oiseau qui nichent près de l’aéroport s’adapteront !
- La ressource en eau potable ? L’aéroport est déjà là depuis longtemps donc il n’y a pas de raison de s’inquiéter pour la nappe phréatique !
- L’aggravation de la crise climatique ? Certes l’aéroport prévoit le doublement du nombre de passagers en 2050, mais il a promis d’améliorer le remplissage des avions, alors le trafic et les émissions de gaz à effet de serre n’augmenteront pas tant que ça !
Mais nous n’étions pas au bout de nos surprises : dans le recours porté par NADA Lille, Nord Nature Environnement et FNE Hauts-de-France, nous avons appris que le dernier mémoire complémentaire que nous avons versé le 27 septembre (un jour avant la date de clôture de l’instruction) n’a pas été pris en compte par le tribunal. Ce mémoire apportait pourtant l’éclairage de 2 nouveaux hydrogéologues sur la menace que représente l’extension de l’aéroport pour la ressource en eau potable de près de la moitié des habitant·es de la MEL !
A l’inverse, le mémoire du préfet qui avait été envoyé le 8 septembre 2025 et qui nous a été communiqué un an plus tard (en septembre 2026 donc) avait provoqué la réouverture de l’instruction. Nous sommes interloqué·es par ce « deux poids, deux mesures » qui ne permet pas une instruction sereine de l’affaire. Notre avocat, Me Faro, a donc demandé à la cour d’ajourner sa décision et de prolonger l’instruction, afin de permettre la réalisation d’une nouvelle étude hydrogéologique. Le verdict des deux affaires – ou la décision d’un sursis – sera rendu dans un mois.